Cancer du sein : pourquoi l'activité physique est un traitement à part entière dans votre parcours ?
L'activité physique, rappelons-le, correspond à tout mouvement musculo-squelettique qui augmente la dépense énergétique par rapport au repos.
Ce n'est plus un secret en 2026 : l'activité physique est aujourd'hui reconnue comme une véritable composante de la prise en charge du cancer du sein. Elle peut être pratiquée pendant et après les traitements et intervient à de nombreux niveaux :
* Fatigue : la fatigue liée au cancer est fréquente et multifactorielle. Une activité physique adaptée permet notamment d'améliorer progressivement l'endurance cardio-respiratoire et les capacités physiques.
* Perte de confiance : bouger permet de retrouver progressivement des sensations et des capacités corporelles, parfois mises à mal par la maladie et les traitements.
* Anxiété et représentation de la maladie : l'activité physique permet de reprendre une place active dans son parcours de soins et de retrouver une certaine confiance dans son corps. Elle devient ainsi un véritable outil de prise en charge, au même titre que d'autres soins de support.
* Douleurs : une activité physique adaptée peut participer à leur diminution et permettre de retrouver progressivement des mouvements et des activités qui avaient été abandonnés.
* Sarcopénie et perte de masse musculaire : certains traitements et la diminution de l'activité physique peuvent favoriser la fonte musculaire. Le renforcement musculaire permet de préserver, voire d'améliorer, la masse et la force musculaires.
* Lymphœdème : l'activité physique progressive et adaptée peut contribuer à améliorer la fonction du membre et à participer à la gestion du lymphœdème. Elle ne se substitue toutefois pas aux autres traitements lorsqu'ils sont nécessaires.
* Cicatrices et adhérences : la mobilisation progressive contribue à retrouver de la mobilité autour des zones opérées et peut participer à l'assouplissement des tissus cicatriciels.
* Santé osseuse : certains traitements du cancer du sein peuvent favoriser une diminution de la densité minérale osseuse. Les activités en charge et le renforcement musculaire participent au maintien de la santé osseuse et peuvent contribuer à limiter le risque de fracture.
Peut-on pratiquer n'importe quelle activité ?
Très peu d'activités physiques sont réellement contre-indiquées de manière générale.
Vous pouvez donc, en accord avec votre médecin et en fonction de votre état de santé, pratiquer une activité physique selon vos envies, vos capacités et vos habitudes.
Le contexte particulier de la chimiothérapie implique néanmoins certaines précautions, bien connues des professionnels qui vous accompagnent :
* Thrombopénie (baisse des plaquettes) : en cas de baisse importante, éviter les activités exposant à des chocs ou à des risques de chute.
* Port-à-cathéter : certaines activités peuvent nécessiter une adaptation en fonction de sa localisation et des recommandations de votre équipe soignante.
* Neutropénie (baisse des globules blancs) : lorsque le risque infectieux est augmenté, certaines activités ou certains environnements peuvent être déconseillés.
* Fatigue et essoufflement : l'intensité de l'effort doit être adaptée à votre état du jour et à votre tolérance.
* Neuropathies périphériques : une diminution de la sensibilité des mains ou des pieds, ou des troubles de l'équilibre, peuvent nécessiter d'adapter certaines activités afin de limiter les risques de blessure ou de chute.
* Nausées ou vertiges : il peut être préférable de privilégier des exercices dans des positions permettant de rester stable et de s'adapter facilement aux symptômes.
De nombreuses activités peuvent donc s'offrir à vous en tenant compte de votre état de santé, de vos traitements et de leurs éventuels effets secondaires : gymnastique douce, danse, marche, vélo elliptique, rameur...
Il n'existe pas une activité physique idéale pour toutes les femmes. La meilleure activité est aussi celle qui vous donne envie de bouger et que vous pourrez intégrer durablement dans votre quotidien.
Des associations comme la Ligue contre le cancer peuvent faire office de voie d'entrée vers l'activité physique lorsque l'on se sent perdue ou que l'on n'ose pas se lancer.
Les professionnels de santé sont de mieux en mieux formés pour vous guider dans la remise en mouvement. N'hésitez pas à demander de l'aide à votre médecin ou à votre kinésithérapeute.
Je serai aussi ravie de vous accueillir dans mon atelier dédié au cancer du sein, pour reprendre confiance dans votre corps et retrouver le plaisir de bouger, à votre rythme.
Le saviez-vous ?
L'activité physique régulière est également associée à une diminution du risque de développer certains cancers, dont le cancer du sein.
Elle agit notamment sur différents mécanismes métaboliques et hormonaux et contribue au maintien d'un poids de santé.
Bouger n'est donc pas seulement utile pendant ou après un cancer : c'est aussi un moyen de prendre soin de sa santé avant même qu'il ne survienne.
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